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Mme Paule Brunelle (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le Président, je veux féliciter ma collègue de Vancouver-Est de son allocution. Je reconnais bien en elle la députée avec qui j'ai partagé un dossier très complexe que nous avons étudié au sujet de la prostitution. J'aimerais qu'elle nous en parle un peu. Dans ce dossier de la prostitution, on pouvait voir à quel point la répression mettait la vie des femmes en danger. La répression n'est certainement pas une solution. Beaucoup de femmes se tournent vers la prostitution à cause de problèmes de santé mentale, de pauvreté ou d'abus de toutes sortes.
À partir du moment où on utilise la répression au lieu de régler les causes de la prostitution, on emprisonne les gens, on leur interdit d'aller à certains endroits et on menace leur vie. C'est ainsi que cela devient une problématique encore plus grande.
J'aimerais qu'elle nous en parle un peu parce que le lien avec ce projet de loi me semble très évident. Mme Paule Brunelle (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le Président, le gouvernement nous annonce qu'il va déposer un projet de loi pour investir les surplus dans l'économie avant le prochain budget. Voilà ce qu'on lui propose: 500 millions de dollars iraient à Partenariat technologique Canada, 1 milliard de dollars pour diversifier les économies forestières et 1,5 milliard de dollars pour aider les entreprises à se moderniser. De plus, une réserve de 1,44 milliard de dollars à la caisse d'assurance-emploi pourrait être créée pour aider les travailleurs. N'est-ce pas là un plan responsable pour faire face à la crise? Mme Paule Brunelle (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le Président, d'entrée de jeu, j'aimerais rappeler le début de cette motion qui se lit ainsi: | | Que, de l'avis de la Chambre, le gouvernement devrait mettre en place un train de mesures pour venir en aide aux entreprises, aux collectivités et aux travailleurs victimes de la crise qui frappe l'industrie forestière [...] | Il ne faut pas oublier que derrière cette crise sans précédent, se trouvent des collectivités entières, des travailleurs, des travailleuses, des familles, des femmes et des enfants. Il est vraiment temps d'agir et d'agir maintenant. Il est de notre responsabilité, en tant que parlementaires, d'appuyer cette motion parce qu'on se doit d'agir. C'est ce que la population nous demande et c'est important de le faire parce que cette crise est sans précédent. Pour le Québec, cette crise est très grave: 78 000 emplois manufacturiers ont été perdus depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs. La majorité des pertes d'emploi au Canada se sont produites au Québec où 21 000 emplois ont été perdus dans la seule industrie forestière, soit la moitié du total canadien. Depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs, on a perdu près du quart de ces emplois. Dans certaines régions, dont la mienne, la Mauricie, c'est une véritable hécatombe. Entre l'été 2004 et l'été 2007, ce sont 58 p. 100 des emplois forestiers qui ont été perdus dans les Hautes-Laurentides; en Abitibi-Témiscamingue: 38 p. 100; au Saguenay--Lac-Saint-Jean: 34 p. 100; sur la Côte-Nord: 32 p. 100; en Mauricie: 29 p. 100. Et cela continue. Pour le Bloc québécois, non seulement il est urgent d'agir, mais nous avons des solutions à suggérer. Entre autres, nous proposons un programme de diversification économique spécifiquement dédié aux collectivités fortement dépendantes de la forêt. On sait que certaines régions ont un caractère monoindustriel; une seule industrie fait vivre toute une région, tout un village. Donc, lorsqu'on dépend d'une seule activité industrielle précise, qui est vulnérable aux soubresauts du dollar ou du prix du pétrole — comme dans le secteur de la forêt —, un programme de diversification économique est nécessaire pour aider ces collectivités. On ne souhaite certainement pas que les régions du Québec se vident. À l'automne 2006, à l'arrivée des conservateurs au pouvoir, face à cette crise d'une très grande ampleur, le ministre responsable du développement économique des régions du Canada a mis fin à ce fonds, prétextant qu'il était mal utilisé. Nous demandons que ce fonds soit remis sur pied, mais que la gestion en soit confiée aux régions, en fonction de leurs propres besoins. Il faut assouplir les exigences bureaucratiques et certainement pas de mettre fin à ce fonds. À notre avis, ce n'est pas Ottawa qui est le mieux placé pour décider de ce dont les régions ont besoin. Les gens de Lebel-sur-Quévillon, de Trois-Rivières ou de Donnacona savent très bien comment dépenser ces sommes et comment diversifier leur économie. Le plan d'aide gouvernemental ne répond absolument pas aux demandes. Le programme IDEC-Vitalité de DEC ne répond pas aux défis auquel font face les régions du Québec. Le Bloc québécois propose de mettre un milliard de dollars dans un fonds strictement réservé à la diversification des économies forestières. Nous suggérons, de plus, des mesures fiscales encourageant le développement des activités de transformation en région. Comment le faire? Il faut favoriser l'établissement de travailleurs qualifiés en région, en offrant, comme le gouvernement du Québec le fait, un crédit d'impôt remboursable d'une valeur de 8 000 $ pour tout jeune diplômé qui s'établit dans sa région ressource pour y occuper un emploi dans son domaine. Nous suggérons aussi de favoriser la création d'emplois dans les régions ressources et d'accorder aux entreprises qui travaillent en deuxième et troisième transformation dans ces régions un crédit d'impôt équivalant à 30 p. 100 de l'augmentation de leur masse salariale. Nous suggérons de plus de favoriser le développement des PME manufacturières dans les régions ressources en leur offrant un congé fiscal équivalant à 50 p. 100 de leur impôt sur le revenu. On a discuté de toutes ces mesures au Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Ce sont des mesures qui permettront à nos régions de survivre, qui permettront à notre économie de se diversifier. Nous suggérons aussi un programme gouvernemental de prêts et de garanties de prêts pour la modernisation des entreprises. L'investissement dans la modernisation du matériel de production est la solution pour une entreprise et pour toute l'industrie pour qu'elle demeure compétitive. Nous avons vu, dans la crise du bois d'oeuvre, l'inaction du gouvernement fédéral. Le Bloc québécois a constamment réclamé des garanties de prêt pour les entreprises, ce que le gouvernement n'a pas fait. Entre autres, les papetières n'ont pas pu investir et, finalement, on s'est retrouvé avec des pertes d'emplois considérables. Il est plus que temps d'avoir des contributions remboursables de 1,5 milliard de dollars destinées aux entreprises pour acheter du nouvel équipement. Le crédit d'impôt remboursable pour la recherche et le développement nous semble être une de ces solutions. En terminant, c'était une des recommandations du rapport du secteur manufacturier. Pourquoi ce gouvernement ne s'applique-t-il pas à le faire? Pourquoi ce gouvernement arrive-t-il avec un plan, une fiducie, qui est inacceptable et dont les montants sont trop peu et trop mal répartis? Mme Paule Brunelle (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le Président, je félicite mon collègue de son intervention. Il a bien raison lorsqu'il parle de la pauvreté qui, malheureusement, ne diminue pas au Canada, comme on nous l'avait promis du temps des libéraux. C'était l'un des facteurs aggravants, ainsi que cette violence que l'on voit dans notre société. Par ailleurs, il est certain que le modèle québécois qui se distingue par la rééducation et la réinsertion sociale est important, du moins pour nous. Nos enfants sont précieux, on veut les garder. On pourrait parler encore largement de quelle façon on a réussi à diminuer la criminalité au Québec, grâce à toutes ces mesures de réinsertion. Il faut aussi rappeler que cela commence à l'école où des psycho-éducateurs prennent les enfants en charge au moment où arrive le problème.
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