| 2010-04-08 Réponse au budget 2010 |
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Introduction - Après une tournée à travers le Québec et une large consultation des divers groupes impliqués au plan économiques et des critiques du Bloc québécois - Le Bloc Québécois a présenté une série de mesures qui auraient permis, à court terme, de dégager une marge de manœuvre pour mettre en place de nouvelles initiatives et d’atteindre, à terme, l’équilibre budgétaire. Ces mesures sont de trois ordres : - 1. Les mesures visant à assurer une relance durable; - 2. Répondre aux besoins financiers du Québec; - 3. Les mesures de lutte au déficit.
- Par contre, il est déplorable de constater que les conservateurs manquent encore une fois l’occasion de répondre adéquatement aux besoins économiques, sociaux, environnementaux et financiers du Québec. Ils démontrent à nouveau que pour le Canada, c’est comme si le Québec n’existait pas - Un budget qui nous prouve que le fédéralisme n’est tout simplement pas rentable pour le Québec, et ne répondra jamais à ses aspirations. La seule voie d’avenir pour le Québec, c’est la souveraineté.
Nucléaire Isotopes - Les Conservateurs, tout comme les Libéraux, se sont littéralement traîné les pieds en ce qui a trait à la production d’isotopes médicaux, essentiel à la détection et au traitement de plusieurs maladies graves. Puisque le cœur des réacteurs est exposé à des températures et des radiations très élevées, les réacteurs NRU doivent être reconstruits à tous les 25-30 ans, sinon ils deviennent tout simplement trop instables, et donc dangereux pour la population. En conséquence, la négligence des Conservateurs a agir dans le dossier a donc obligé la fermeture « temporaire » du réacteur de Chalk River en mai 2009, laissant les institutions de santé québécoise à elles-mêmes et créant une crise sans précédent d’isotopes médicaux. - Bientôt 1 an que le Québec paye pour la négligence et l’incompétence libérales et conservatrices dans ce dossier! - Malgré la gravité de la situation et les délais de traitement qui s’allongent, la ministre des Ressources naturelles de l’époque, et actuelle ministre du Travail, a même osé qualifier la situation de « sexy ». La Ministre a démontré un manque total de respect envers les malades et les chercheurs, pour qui les isotopes peuvent parfois représenter une question de vie ou de mort… - Les appels à l’aide des médecins ne semblent ébranler en rien le gouvernement…Les Conservateurs s’étaient engagés à remettre les réacteurs en marche pour août 2010…Retards par-dessus retards, nous en sommes aujourd’hui à moins de 50% de la réfection accomplie aux réacteurs de Chalk river, plus de 6 mois après la date prévue par le gouvernement pour le redémarrer! - Jean-Luc Urbain, président de l’Association canadienne de la médecine nucléaire prédit aux malades, et je cite, « des jours sombres pour obtenir leur diagnostic et traitement ». - Énergie atomique Canada parle maintenant d’un redémarrage du réacteur d’ici la fin du mois d’avril…2 autres mois d’inquiétude pour les malades en attentes d’un diagnostic ou d’un traitement…2 autres mois à payer pour l’incompétence conservatrice… - Bientôt un an que nos hôpitaux n’ont plus de garanti quant à la livraison d’isotopes médicaux. Le budget reste muet sur les dédommagements des frais encourus par l’état québécois pour la gestion de la crise, dont le système de santé a beaucoup souffert. Les listes d’attente s’allongent, les médecins s’impatientent, les Québécois veulent une solution durable, pour qu’il n’y ait plus de vie inutilement mis en danger et que tous puissent recevoir les examens requis et les traitements prescrits.
TRIUMF
- Vu la situation, le gouvernement n’avait pas le choix d’investir dans la recherche et le développement portant sur de nouvelles technologies de production d’isotopes médicaux ainsi que sur la technologie TRIUMF.
EACL - Le gouvernement fédéral se trouve actuellement dans une position qui s’approche du conflit d’intérêts, étant à la fois actionnaire d’une société qui développe des centrales nucléaires ainsi que le gardien de la sécurité publique et environnementale; - 300 millions de dollars sont prévus en 2010-2011 pour couvrir des pertes commerciales anticipées et appuyer les activités d’EACL, notamment la poursuite des travaux d’élaboration du réacteur CANDU avancé, la fourniture sécuritaire d’isotopes médicaux et le maintien d’activités fiables et sécuritaires aux laboratoires de Chalk River. - Avec autant d’investissement dans EACL, il est important que le gouvernement soit transparent avec ses intentions quant à l’avenir de cette société d’État. Le gouvernement laisse planer des rumeurs de privatisation totale ou partielle d’EACL. Le gouvernement doit informer cette Chambre de ses intentions : Comment va-t-il utiliser les fonds publics?
CANDU - Alors qu’une crise de confiance envers les réacteurs nucléaire CANDU fait rage, ne serait-il pas plus sage de s’assurer de la sécurité de ces réacteurs, plutôt que d’aller de l’avant dans un développement aveugle? - De plus, le gouvernement choisi d’ignorer les recommandations de la Commission canadienne de sécurité nucléaire, qui propose d’utiliser un nouveau type d’uranium dans les années à venir, qui nécessiterait encore des investissements massifs de fond public de plusieurs millions.
Énergie propre? - Pourquoi le gouvernement s’entête-il à considérer l’énergie nucléaire comme une énergie propre, au même titre que l’hydro-électricité ou l’éolien? Alors que les déchets générés ont des conséquences désastreuses pour l’environnement et que le fardeau envers les générations futures ne cesse de s’alourdir. - Nous savons qu’il en coûte actuellement plus de 100 millions par années pour traiter ces déchets nucléaires. pourquoi le gouvernement désire investir autant dans une industrie des plus polluantes, alors que l’hydroélectricité ne reçoit absolument rien! Le financement de cette industrie est tout à fait injustifié et inéquitable. D’ailleurs, Hydro-Québec, fleurons québécois et producteur d’énergie propre, n’a jamais été supporté financièrement par le gouvernement fédéral. - De plus, le Québec refuse de devenir la poubelle des déchets radioactifs du Canada, une motion unanime de l’Assemblée nationale du Québec a d’ailleurs été adoptée en ce sens. Il est hors de question que nous recevions plus de déchets que nous n’en produisons! - Le Québec a fait le choix de l’hydro-électricité, propre et renouvelable : il n’y a aucun bénéfice pour le Québec dans le choix du fédéral de promouvoir l’énergie nucléaire. - Nous croyons, au Bloc québécois, que le gouvernement ne devrait pas être le promoteur du nucléaire.
Sables bitumineux - L’agenda du gouvernement est clair : les investissements dans l’énergie nucléaire ont pour but de favoriser l’extraction de pétrole des sables bitumineux de l’Ouest. Le budget vient à l’encontre de tous les efforts fait par le gouvernement du Québec pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Allons-nous encore être pris pour payer collectivement la note pour l’enrichissement de l’Ouest? L’attitude du gouvernement en matière d’énergie est irresponsable, et inacceptable pour le Québécois. - Encore une fois, tout pour l’Ouest, rien pour le Québec.
Mines - Le budget prévoit un Prolongement pour une année supplémentaire du crédit d’impôt temporaire de 15% pour l’exploration minière pour les entreprises qui cherchent à obtenir des fonds pour l’exploration minière. Le coût net de cette prolongation du crédit pour les deux prochains exercices s’établira à 65 millions de dollars - Le budget est déconnecté de la réalité des entreprises d’extraction minière. Il est difficile, voire impossible, pour une entreprise de planifier ses activités à moyen et long termes alors que le crédit d’impôt prévue n’est valable que jusqu’au 31 mars 2011. Aucune mesure plus concrète n’est prévue dans le budget, laissant ainsi les entreprises à elles-mêmes. Industrie forestière - Le Québécois sont inquiets de la situation. L’industrie forestière traverse une crise sans précédent au Québec, et le présent budget n’a rien pour les rassurer! - Même si l’industrie forestière est au cœur de l’économie du Québec, le budget ignore complètement les demandes du Bloc québécois. C’est inacceptable que le gouvernement conservateur injecte une somme 57 fois plus élevé à l’industrie automobile de l’Ontario, alors que l’industrie forestière ne se contente que des miettes. - L’abolition des droits de douane pour les machineries et marchandises nécessaire à la modernisation et à l’amélioration de la productivité n’est que de la poudre aux yeux, alors que l’industrie ne dispose toujours pas de prêts et de garantis de prêts, pour pouvoir acquérir cette nouvelle machinerie. - Le montant de 25 millions par année, pour les 4 prochaines années, est trop faible pour permettre la modernisation de l’ensemble des usines forestières et de pâtes et papiers. Il leur sera toujours nécessaire d’emprunter pour obtenir les installations nécessaires. Pour y répondre, le budget 2010 prévoit un amortissement des dettes encourues pour ce faire, mais à quoi sert un amortissement si l’entreprise est incapable d’emprunter pour acquérir ces installations au départ à cause de l’absence de garantie de prêts nécessaires pour que l’industrie puisse avoir accès au crédit?
En Conclusion - Le gouvernement conservateur poursuit dans la voie de son énoncé économique de 2006, c’est-à-dire avec des politiques orientées sur les besoins de l’Ontario et de l’Alberta, au détriment des besoins extrêmement pressants du Québec. L’État québécois est perdant
La classe moyenne, les travailleurs et peut-être même les aînés paieront le déficit
- Malgré toutes les belles promesses conservatrices de 2006 d’une ouverture nouvelle à l’égard du Québec, il n’y a rien dans le nouveau budget pour répondre aux besoins de l’économie québécoise. - Qu’on parle de la forêt, de l’aéronautique, de l’environnement ou de la culture, les priorités des Québécoises et des Québécois telles qu’exprimées lors de notre tournée de consultations pré budgétaires sont complètement ignorées.
- À titre de porte-parole aux ressources naturelles, je veux rappeler que le Bloc québécois ne considérera jamais l’énergie nucléaire comme une énergie propre, et que d’investir autant dans cette technologie, pour le bien être des pétrolières de l’Alberta, est irresponsable et lourd de conséquence pour les générations à venir. - Ce budget devait tenir compte des intérêts et des valeurs du Québec et il n’en est rien. Pour toutes ces raisons, je voterai contre ce budget. Merci monsieur le président. |
| Mis à jour le Mardi, 30 Mars 2010 08:25 |